Le passage au tout numérique (cas Afrique)

I – Introduction :

L’explosion récente des usages et donc des équipements de télécommunication a littéralement modifié d’une part les modes de consommation et d’autre part les technologies de transmission, d’encodage et de traitement de l’information.

Aujourd’hui la mode est le tout-numérique, que l’on veut substituer à l’analogique. Cela coûte et va coûter très cher. 80% des populations en sont encore à l’analogique. Le déploiement du tout-numérique sera donc lent et cher – pour il est vrai une qualité d’image et de son améliorée au niveau du consommateur final.

Les projets en cours du passage de l’analogique au numérique, sont ceux de la télévision.
Passer la télé en tout numérique est une décision internationale, qui répond à un accord mondial sur le Numérique.

Les fréquences ne connaissent pas de frontières, et la “libération” des fréquences hertziennes, qui sont aujourd’hui utilisées par la télévision analogique, est une nécessité mondiale pour développer le téléphone, l’Internet mobile et les liaisons des services d’urgence.

Qu’est ce que le passage de l’analogique au numérique ?

C’est le remplacement progressif de la diffusion hertzienne analogique par une diffusion hertzienne exclusivement numérique.

L’exemple, pour la France, à partir de 2009 et jusqu’au 30 novembre 2011 au plus tard, région par région, la diffusion analogique hertzienne traditionnelle (antenne râteau qui permet au minimum de recevoir les chaînes historiques TF1/FR2/FR3) cessera définitivement. Elle laissera la place à la TNT (Télévision Numérique Terrestre) qui couvrira à terme 95% de la population.

Tout d’abord, qu’est-ce que le numérique, qu’est-ce que l’analogique ?

I-1 Le terme numérique (nom ou adjectif) désigne un mode d’analyse, de quantification, de mesure, d’enregistrement, de reproduction, de sauvegarde, de stockage ou d’archivage d’informations provenant d‘éléments ou de sources à traiter.

I-2 Le terme analogique désigne les phénomènes, appareils électroniques, composants électroniques et instruments de mesure qui représentent une information par la variation d’une grandeur physique (ex. une tension électrique). Ce terme provient du fait que la mesure d’une valeur naturelle (ou d’un élément de signal électrique ou électronique) varie de manière analogue à la source.

II – Pourquoi passer au tout numérique ?

Le numérique apporte à la télévision de nombreux avantages :

• Une meilleure qualité de réception, d’images et de son (images de type DVD, son numérique stéréo ou de type « home cinéma »).
• Une plus grande capacité de diffusion.
• Des chaînes en Haute Définition.
• De nouvelles chaînes nationales et locales.
• Un guide des programmes intégré, pour connaitre le programme en cours et le suivant.

Mais le passage à la télé tout numérique permettra surtout de libérer des fréquences, et donc de la place, que l’on pourra attribuer à de nouveaux services :

• de nouveaux programmes de télévision ;
• le développement des chaînes en haute définition ;
• la numérisation de la radio ;
• le haut débit mobile pour accéder à Internet sur tout le territoire ;
• l‘amélioration de la réception du téléphone portable sur l’ensemble du territoire
• les liaisons pour les services d’urgence : sécurité civile, police secours, pompier, urgences médicales, tout ce qui concerne la sécurité des personnes.

III – Impacts du passage de l’analogie au numérique (cas de l’Afrique) :
Même si l’impact du passage de l’analogie au numérique aura des impacts notables dans toutes les applications actuelles, il nous paraît important d’alerter un peu plus quant à son impact dans le secteur audiovisuel. Impact direct et visible du fait de l’impossibilité future des équipements grand public actuel, la belle télévision, à pouvoir recevoir les mêmes programmes totalement produit en numérique…

Il faut dire que les téléviseurs actuels, équipant la majorité des familles africaines, sont calibrés en analogie pour recevoir des programmes non numériques, le même constat est à faire du côté des récepteurs radiophoniques. Le passage au tout numérique dans les sociétés occidentales, la France passant au tout numérique en 2011, est une sérieuse menace d’abord dans l’approvisionnement à terme en téléviseurs analogiques mais aussi dans la réception de leurs programmes, devenus numériques, avec les équipements actuels.
Une sérieuse étude d’opportunité (les stratégies et les processus de passage ou pas au tout numérique) doit être menée à terme par nos différentes institutions en charge du domaine des Télécommunications et des TIC si nous ne voulons pas une fois de plus agir que dans l’urgence quand un bon matin de 2011 plus personne ne pourra regarder son beau programme métropolitain… (CanalSat et autres).

Pour ces genres d’études, nous pourrons nous référer aux cas de la France et du Canada qui sont beaucoup en avance aujourd’hui et qui ont déjà mis en place des stratégies pour la mise en place de cette technologie novatrice que nous ne pourrons échapper demain.

Le passage au tout numérique libère des fréquences en permettant ainsi plus facilement l’essor de l’industrie du sans fil avec la montée en puissance de la télévision numérique mobile. Le développement du GSM prendra sa vitesse de croisière avec toutes les applications de contenus ainsi possibles. L’industrie des télécommunications passe donc d’une industrie des tuyaux à une industrie du contenu avec la multiplication des services audiovisuels directement disponibles depuis son téléphone mobile…

Si l’essai est en passe d’être réalisé sous peu en occident du chemin reste à parcourir en Afrique. L’infrastructure des troisièmes et quatrièmes générations demanderont des États africains une politique fiscale plus avantageuse afin de faciliter et d’accélérer ces investissements, combien générateurs d’emploi et création de valeur.

IV – La transition du passage de l’analogie au numérique

La radiodiffusion analogique sonore et télévisuelle, l’une des grandes inventions du XXe siècle, est en passe d’être remplacée par la radiodiffusion numérique, née il y a quelques années à peine. Pour cette transition, différentes voies sont envisageables: les pays ont le choix, un choix qui, souvent, va dépendre de l’infrastructure de radiodiffusion déjà en place. Mais la transition est loin d’être simplement d’ordre technique. Compte tenu du rôle de la télévision et de la radio dans la société moderne, le passage de l’un à l’autre domaine peut être complexe, et lourd de conséquences économiques, sociales et politiques.
Le passage de l’analogique au numérique a de nombreuses incidences sur tous les éléments de la chaîne de valeur de la radiodiffusion — contenus, production, transmission et réception — et, dans tous les cas, la radiodiffusion numérique impose des mises à niveau techniques. Il importe ici de ne pas perdre de vue que, comme dans de nombreux autres secteurs, l’évolution procède en la matière de l’apparition et de l’exploitation de nouvelles technologies, sous l’effet de la demande des entreprises. Les forces du marché et la demande des consommateurs imposeront tôt ou tard la numérisation de la radiodiffusion. Compte tenu de ces éléments, il peut être intéressant de considérer tout d’abord, brièvement, les avantages du passage au numérique.

V – Questions de réglementation du passage au tout numérique

Les trois Secteurs de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), chacun dans son domaine de compétence spécifique, couvrent les activités et les études concernant la radiodiffusion. Au cours de la première moitié du XXe siècle, il s’agissait de normaliser les différents systèmes de télévision analogiques. La seconde moitié du siècle passé a été placée sous le signe du numérique.

L’UIT continuera d’assumer un rôle décisif dans la réglementation de l’utilisation du spectre et des éléments techniques de la radiodiffusion. Le débat sur les aspects «fréquences» du passage au numérique a déjà été engagé par certaines administrations dans le cadre des politiques de gestion du spectre. La priorité des priorités est d’encourager une utilisation du spectre qui soit efficace et souple, tout en préservant la mission de service de la radiodiffusion. A cet égard, le débat portera aussi sur la valeur économique des fréquences attribuées aux services de radiodiffusion de Terre et par satellite, et sur la transparence requise lorsqu’il s’agira de déterminer cette valeur.

Lorsque l’on ménage une certaine souplesse dans le cadre de la réglementation internationale, on encourage en fait le développement des systèmes, et les conférences de planification de la radiodiffusion de l’UIT le montrent bien. Par exemple, l’accord conclu à Stockholm en 1961 (ST61) répond aux besoins de la radiodiffusion analogique en Europe depuis près de quatre décennies. Et la Conférence régionale des radiocommunications (RRC-04/06) va planifier la transition de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique pour 119 pays.

Il n’entre pas dans les attributions de l’UIT d’intervenir au niveau, par exemple, de la fixation de dates communes pour la suppression des programmes analogiques ou d’une éventuelle interdiction des ventes de récepteurs analogiques. Mais les marchés nationaux de la radiodiffusion numérique, et les politiques générales qui s’y rapportent, continueront d’être surveillés. Les interventions de politique générale des Etats Membres de l’UIT devront être transparentes, justifiées et mesurées, et avoir lieu en temps utile, de telle sorte que soient minimisés les risques de distorsion des marchés. Ces interventions devront aussi être formulées sur la base d’objectifs de politique générale spécifiques et clairement définis, tout en étant non discriminatoires et technologiquement neutres. Pour qu’il en soit ainsi, il faudra soigneusement évaluer l’incidence de l’évolution des politiques, tout en surveillant la mise en œuvre de ces politiques et l’évolution des marchés.

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